05/10/2011 16:15 | Lien permanent | Commentaires (0)

L’imagination au pouvoir

bernard_comment-(c)Léo Aupetit.jpgDepuis des mois, l’Europe tourne autour du problème de la dette grecque. Il s’agissait, d’abord, de «restructurer» la dette, expression vaguement architecturale, comme si d’une tour on avait voulu faire un tunnel. Aujourd’hui, il s’agit d’éviter l’écroulement d’un système tout entier et personne ne peut s’en réjouir.

Mais cette Europe s’est depuis longtemps essoufflée dans son obsession de grandir (ex-bloc de l’Est, Turquie…). Surtout, elle a subi une atteinte profonde à ses valeurs constitutives avec la dérive de l’Italie de Berlusconi, sans que personne sanctionne, ni à Bruxelles ni à Strasbourg.

J’étais précisément à Strasbourg il y a dix jours, pour y recevoir mon Goncourt de la nouvelle, et le maire, Roland Ries, me rappelait que la ville fut entièrement vidée de tous ses habitants en 1939. Le sens de l’Europe a été là: dans l’effort énorme de surmonter la haine franco-allemande pour en faire une entente. Peut-être est-ce cette entente franco-allemande qui peut redonner un sens collectif à l’Europe. Autrefois, on résolvait les crises économiques et sociales par des guerres, des générations allaient se faire trouer la peau sur les champs de bataille. On devrait, aujourd’hui, trouver de nouvelles solutions, rassembleuses, imaginatives: par exemple un grand emprunt populaire européen à taux zéro, sur 4 ou 5 ans, pour desserrer la pression des intérêts de la dette. Le sacrifice serait bien moindre. Mais cela suppose des démocrates ambitieux. Ce n’est pas forcément une contradiction dans les termes.

Bernard Comment, écrivain

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