14/10/2011 15:33 | Lien permanent | Commentaires (0)

Pourquoi s’indigner en Suisse?

samuel_bendahan.jpgL’année 2011 aura vu de nombreux mouvements émerger spontanément, puis s’exporter. Le printemps arabe a commencé en Tunisie pour continuer aujourd’hui dans d’autres pays, où la population porte des revendications similaires. Le mouvement des «indignés» est né en Espagne et s’est, lui aussi, propagé: il arrive aux portes de la Suisse ce samedi.

Y a-t-il vraiment de quoi s’indigner en Suisse? En période électorale, on entend à tort et à travers que la Suisse est un modèle de succès. La Suisse s’en tirerait beaucoup mieux que les pays de l’Union européenne dans lesquels le mouvement fait rage. Les raisons de l’indignation: un ras-le-bol de la classe politique et du système politique jugé peu démocratique, une révolte contre les inégalités et les plans d’austérité. On pourrait donc facilement se dire qu’ici le mouvement n’a pas de sens car notre pays est le plus démocratique du monde, car notre pays est un des plus riches. De quoi se plaint-on?

Certes, la Suisse connaît la démocratie directe, mais elle vient d’être épinglée dans un «baromètre démocratique», notamment à cause de son absence de transparence et de législation sur le financement des partis.

Certes, la Suisse est un pays riche, mais les inégalités y sont parmi les plus grandes du monde: 0,2% de la population détient à elle seule plus du quart des richesses du pays, et près de 10% des gens qui travaillent vivent sous le seuil de pauvreté malgré tout. Enfin, ce n’est pas parce qu’il y a pire ailleurs qu’un système est légitime.

Samuel Bendahan, économiste

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