19/10/2011 18:02 | Lien permanent | Commentaires (0)

Cherchez la femme

bernard_comment-(c)Léo Aupetit.jpgSans doute François Hollande a-t-il su mener une campagne longue, méticuleuse, de terrain, en trouvant l’énergie de poursuivre sa destinée contre vents et marées (Strauss-Kahn par exemple). Voilà la gauche pourvue d’un solide candidat, renforcé par un processus démocratique novateur qui a très bien fonctionné. Mais…

Mais? Mais la femme… Hollande n’y est pour rien, dans sa personne. Il se trouve simplement que, tout à coup, l’horizon présidentiel se vide de toute espérance féminine. Exit Martine Aubry, exit depuis une semaine Ségolène Royal. Les deux femmes socialistes sont hors jeu, même si on peut se douter que de beaux ministères les attendent (et même Matignon pour la première). La présidence demeure un apanage masculin, et la droite républicaine n’est guère pourvoyeuse d’alternative en la matière (Rama Yade a été évincée, Rachida Dati n’est plus en cour et peine à rebondir). Bref, la présidente, comme figure inédite de la République, est plus que jamais un horizon chimérique. C’est dire combien l’univers des hommes est puissant en politique. Au tournant du millénaire, il avait été question de parité, de discrimination positive. Le climat de crise a balayé ces belles et justes idées. Une fausse nature revient au galop, qui voit dans le mec celui qui sait gérer, administrer, diriger, et dans la femme au mieux un divertissement, au pire une usurpation. Hollande n’en est pas le responsable. Mais la France se trouve brusquement orpheline d’un rêve qui exaltait beaucoup de monde en 2007 et avait la vertu de l’espoir, de la nouveauté, pour une autre façon de présider.

Bernard Comment, écrivain

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