11/11/2011 08:14 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : invité, samuel bendahan, matin

La franchise est une hypocrisie

BENDAHAN_9.jpgUne étude vient de montrer que près d’une personne sur cinq renonce à des soins pour des raisons financières en Suisse. C’est horrifiant. D’abord, bien sûr, car la société a les moyens de prodiguer ces soins, et des gens n’y ont pas accès et en souffrent. De plus, c’est une fausse économie: ne pas se soigner lorsqu’on supporte encore les symptômes peut causer une dégradation qui amènera plus de douleurs et plus de coûts pour tous.

Ce problème est le reflet d’un mécanisme particulièrement injuste et hypocrite: la franchise. Les incitations qu’elle amène sont complètement contre-productives. Au début, l’assurance ne rembourse absolument rien, ce qui pousse au maximum les gens à ne pas se soigner, même s’ils devraient. Ensuite, après avoir payé la franchise et la quote-part, l’incitatif disparaît complètement.

Le pire, c’est cette notion de franchise flexible. Le résultat? Les personnes âgées ou malades paient beaucoup plus de primes que les bien-portantes, même si elles ne sont pas fautives de leur situation! Les personnes avec des revenus limités vont choisir une franchise élevée. Cela signifie que, à part dans les cas très graves, elles devront assumer seules tous les soins dont elles auraient besoin, comme si elles n’étaient pas assurées.

Ce n’est pas en traitant les gens comme des enfants et en les punissant injustement qu’ils seront responsabilisés dans leur usage des soins. Au contraire, nous avons besoin d’un système de santé plus solidaire, démocratique, au lieu d’être gouverné par les intérêts économiques.

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