16/11/2011 16:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : invite, semaine

Fin de partie

COMMENT.jpgJe me trouvais à Rome, en 1994, lorsque Silvio Berlusconi a débarqué dans l’arène politique en lançant son parti, Forza Italia, qui allait aussitôt le conduire à la victoire. Cette fulgurante ascension, le Cavaliere l’avait démarrée en achetant un club de football, l’AC Milan, pour en faire un club de l’élite européenne. C’est ce succès sportif, et la réussite de ses entreprises qui ont séduit les électeurs, trop souvent en quête de miracles. Depuis, l’Italie est à la dérive. Malgré les efforts obstinés des juges, Berlusconi a su échapper à la justice dans les affaires de corruption ou de malversations qui l’impliquaient, en faisant voter des lois sur mesure par des parlementaires qui seront redevables d’explications devant l’histoire. Ni les évidents conflits d’intérêt, ni les scandales sexuels, ni les bourdes en tout genre sur la scène internationale, ni les attaques contre les institutions de l’Etat, rien de tout cela n’a eu raison d’un homme qui semblait inamovible.

Mais qu’a fait l’Europe? Comment a-t-elle accepté, sans broncher ou presque, la confiscation de l’intérêt public par des intérêts privés? Pourquoi la Commission européenne, présidée par le désastreux Barroso, n’a-t-elle jamais sanctionné ou simplement menacé un gouvernement où le racisme avait droit de parole? Ce sont finalement les marchés qui ont chassé Berlusconi, parce qu’il ne servait plus leurs intérêts. Bien sûr, on est heureux que cette tragique bouffonnerie prenne fin. Mais l’Europe n’en sort pas grandie. Elle a fermé les yeux. Et dire que l’idée européenne est précisément née pour se protéger des extrémismes et pour garantir les équilibres démo-cratiques…

Bernard Comment, écrivain

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