10.02.2012 07:36 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Le foot suisse a droit de cité

MAUDET_10.jpgUne ville est bien souvent indissociable de son club de football. Aussi bien pour l’état d’esprit qu’il véhicule, notamment auprès des juniors, que pour le renom international de la cité qui l’héberge. Que serait Barcelone sans le Barça, Manchester sans United ou Turin sans la Juve?
En Suisse, Xamax, le FC Sion et Servette ont longtemps constitué de formidables cartes de visite pour Neuchâtel, Sion et Genève. Il fut un temps où évoquer le nom de ces trois clubs romands faisait rêver les amateurs de foot passionnés par des exploits sportifs qui dépassaient souvent les frontières du pays. Mais l’actualité de ces trois clubs est de moins en moins sportive et de plus en plus judiciaire, financière et sécuritaire.
Aujourd’hui, Xamax est mort. Sion est plongé dans les abîmes du classement, désormais tronqué, du championnat suisse. Quant à Servette, l’ombre d’une faillite plane à nouveau, sept ans après le dernier traumatisme. Et pour couronner le tout, on entend plus souvent parler des matches pour les débordements violents des supporters que pour les 90 minutes de jeu. Or leurs mésaventures impactent directement les villes qui les accueillent.
En effet, L’Equipe ou la Gazetta dello Sport racontent aux quatre coins de l’Europe comment un mégalomane tchétchène est venu couler un club suisse en quelques mois. Le FC Sion fait la une des chroniques judiciaires, déplaçant la partie sur le terrain du tribunal. Quant à Servette, on frémit à l’idée que son propriétaire use du chantage au paiement des employés et fournisseurs pour «mobiliser l’économie locale».
Les villes ne peuvent fermer les yeux sur le sort de leurs clubs phares, et laisser ainsi partir en fumée une partie de leur identité. A elles de faire comprendre aux dirigeants que si ces clubs leur appartiennent, leur image, elle, les dépasse.

Pierre Maudet, maire de Genève

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