14.02.2012 08:15 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Criminalité et Printemps arabe: premier bilan

GUENIAT_15.jpgLe Printemps arabe se fait plutôt lourdement sentir lorsque l’on suit les premiers indicateurs relatifs à l’analyse criminelle de la petite et moyenne criminalité. Il aura fallu un peu plus de six mois, depuis le 14 janvier 2011 qui a sonné le glas du dictateur Zine el-Abidine ben Ali en Tunisie, pour que les conséquences migratoires se fassent ressentir en termes de criminalité.

C’est un peu le principe du tsunami: un tremblement de terre induit des vagues, mais à retardement. Elles se mesurent d’abord en termes migratoires, avec une augmentation des demandes d’asile tunisiennes en Suisse de 619% en 2011 par rapport à 2010, soit 2474 demandes de ressortissants tunisiens en 2011. Puis elles se mesurent dans l’augmentation des délits liés à la petite et moyenne criminalité. Dans l’espace sécuritaire de l’arc jurassien, par exemple, le nombre de vols par effraction commis dans les voitures a doublé en mai et en juin 2011 par rapport à la moyenne de janvier à avril, puis sextuplé de juillet 2011 à janvier 2012. Les cambriolages ont doublé en décembre 2011 et en janvier 2012 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente. Parallèlement, le nombre de ressortissants tunisiens identifiés par ADN pour ces délits a augmenté de 200% entre novembre 2011 et janvier 2012...

Loin de moi l’idée de stigmatiser qui que ce soit. C’est normal, car ponctuel et conjoncturel, quand bien même inacceptable. Le destin de ces réfugiés est simplement sans espoir chez nous et leur pécule quotidien, suite à la non-entrée en matière statuant leur demande, ne leur permet même pas de boire trois cafés… Il y a comme ça des vases communicants… qui n’ont rien à voir avec Schengen!

Olivier Guéniat, commandant de la police cantonale jurassienne

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