15.02.2012 08:19 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Prix inique du livre
Preuve en est mon dernier achat, le «Manifeste féministe» d’Adler, le prix du livre est actuellement plus inique qu’unique: sur le site de Payot, 26 fr. 20; sur Amazon, 14,25 euros. En sera-t-il autrement si la loi sur la réglementation du prix du livre (LPL), soumise à votation le 11 mars prochain, est adoptée? Pas sûr.
De un, la LPL entend «promouvoir la diversité et la qualité du livre en tant que bien culturel» et «garantir que le plus grand nombre possible de lecteurs ait accès aux livres aux meilleures conditions». Petite subtilité, la LPL ne concerne pas tous les livres, mais seulement ceux qui sont «rédigés dans une des langues nationales suisses» et qui sont édités, commercialisés ou importés à titre professionnel en Suisse. La LPL ne concerne donc de loin pas tous les lecteurs.
De deux, avant que la chose ne soit réglée juridiquement, rien ne m’empêchera de contourner le prix imposé en continuant à commander mes livres sur Amazon. Statu quo, au fond.
Mais arrêtons-nous encore sur un argument phare des tenants de la LPL: une trop grande concurrence avantage les grandes surfaces, pénalise les petites librairies et prétérite les auteurs suisses. Je ne suis pas loin d’entendre qu’il y a culture et Culture. Tout en soutenant petits libraires et auteurs suisses, on peut se demander quand même si le retour sur la libéralisation du prix du livre ne se fait pas plus au nom de la nationalisation de la culture qu’au nom de sa diversification.
Stéphanie Pahud, linguiste à l’Université de Lausanne




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