10/03/2012 11:56 | Lien permanent | Commentaires (0)

Le train, c’est drôle aussi

ROSSET_1.jpg– Dans ma cuisine, quand je prépare mon dîner, hop, je vois les traces sur mon meuble en acajou. Ça me met dans un état…
– Ha…
– Et les viiitres. Avec ce soleil, ça ne pardonne pas. Y en a seize chez moi. Ça me prend un temps. Mais si je vois ces traces, je m’angoisse. Mon mari me dit: «Mais sors un peu par ce beau temps!» Il est drôle, lui, quand j’ai terminé toutes les vitres, il fait nuit.
– Ben…
– Je suis pas maniaque mais bon, tant que tout est pas propre, j’arrive rien à faire. Et j’arrive à la fin de la journée, et j’ai rien fait d’autre.
– Ho la…
– Et quand j’ai terminé chez moi, je dois aller chez mon fils. Ma belle-fille, elle nettoie rien du tout. Mais si tu voyais les traces sur les meubles! C’est bien simple, au dernier dîner chez eux, j’ai pas réussi à manger. Obnubilée par ces traces. Alors là, j’y vais trois fois par semaine. Ma belle-fille, elle était pas d’accord. Je lui ai pas laissé le choix. J’ai dit: «C’est comme ça, sinon je viens plus manger chez vous.»
–…
– Tu sais, les gens chez qui c’est pas propre, c’est qu’ils sont pas propres à l’intérieur. Tu vois ce que je veux dire…
– Ben…
– Mais j’ai un truc, je mets du tango. Ça me motive. Tango à fond, j’adore. Alors avec l’aspirateur, je dois mettre très, très fort.
Je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire, imaginant cette femme danser le tango chez elle avec son aspirateur. Je crois qu’elle a compris que je l’écoutais. Elle a arrêté de parler à sa voisine. Quel dommage!

Brigitte Rosset, comédienne

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