21/06/2013 07:35 | Lien permanent | Commentaires (0)

Sursauts démocratiques

ASAVARY.jpgccaparé à défendre son honneur et les règles de la démocratie suisse, le Parlement vit sur orbite depuis trois semaines. Pendant ce temps, le monde tourne, un monde qui lui aussi exprime ses indignations et ses rébellions. Ce qui me frappe, si mon regard se porte au-delà de la Coupole fédérale, c’est le parallélisme qui se dessine entre les manifestations turques, brésiliennes et russes.
 
Dans ces trois pays, des milliers de personnes se réunissent pacifiquement contre les pouvoirs en place. Qui sont-ils, ces manifestants? Des jeunes, bien formés, connectés aux réseaux sociaux, ayant soif de changement. De nouveaux citoyens, peu politisés, mais qui aspirent à plus de liberté, à une société déverrouillée, une société qui accepte et accompagne leur soif de conquête. Des manifestants qui croient férocement en leur avenir. Minoritaires face aux arrière-pays conservateurs et aux oligarchies organisées, ils incarnent pourtant la force et le potentiel de croissance de ces nouvelles puissances dans l’équilibre du monde.
 
A contrario, les manifestations qui se tiennent aujourd’hui sur les places d’Espagne, du Portugal et de Grèce, les débordements de violence qui incendient la Suède traduisent non pas l’envie de changement, mais le désespoir et la colère d’une partie de la jeunesse. Sacrifiés sur l’autel de l’austérité budgétaire, sans perspectives professionnelles, ces manifestants crient de voir leur avenir confisqué. Les sursauts démocratiques de ces derniers jours, toutes proportions gardées, racontent une Europe à bout de souffle, des pays qui en ont trop et une Suisse qui en cherche.
 
Géraldine Savary, vice-présidente du Parti socialiste suisse

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