03/09/2013 08:18 | Lien permanent | Commentaires (0)

Je fourre, tu fourres…

ROSSET_1.jpg- Maman, pourquoi on doit fourrer les cahiers?

- C’est pas «on», c’est «moi» qui fourre les cahiers.
 
- Mais quand je fais moi, c’est tout tordu, tu m’engueules, ça me fait de la peine, et chaque fois que je regarde un cahier, je suis triste, parce que je me souviens que tu m’avais grondé et pis…
 
- OK, OK… On les fourre pour qu’ils restent propres pendant l’année.
 
- C’est nul, de toute façon ça se déchire après.

- Ecoute, c’est comme ça. On nous demande de fourrer, on fourre.

- C’est bizarre de dire «fourrer»…

- C’est pas formidable…
 
- Maman, c’est les chocolats qui sont fourrés.

- Hein?

- De toute façon, tu sais, dans les chocolats, moi, j’aime pas le fourré. J’aime mieux la croûte dessus. Comme les pains aux chocolats aussi, j’aime mieux le chocolat que le pain. Bon pour les livres, j’aime pas plus le dessus que le dedans, parce que des fois, y a un dessus qui a l’air chouette, pis dedans, l’histoire, tu vois, ben c’est pas bien. Des fois c’est le dessus qui est moche, pis en fait dedans c’est bien. Comme les gens aussi, des fois ça a l’air chouette, pis en fait non… Ou alors comme les habits…

- Je peux me concentrer???

- Pourquoi tu t’énerves maman?

- Parce que je n’aime pas four… enfin, mettre ce papier sur ces cahiers.

- T’aime mieux que je le fasse moi, qu’on se fâche, et qu’après je suis triste quand je regarde un cahier et pis…

- Non!!!!!

- Tu vois maman, la rentrée c’est comme les trucs fourrés. Tu te réjouissais, et en fait, y a plein de trucs pas chouettes.
 
Brigitte Rosset, comédienne
 

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