14/04/2012

Quand on aime, on ne compte pas

brigitte_rosset.jpgEt tu vois Natacha, dans ton prénom, y a 7 lettres. Et dans le mien, Stéphane, 7 lettres aussi. T’es née un 18. 1 + 8 = 9. Je suis né un 27. 2 + 7 = 9 aussi. C’est complètement fou. On a quand même le 7 «et» le 9 en commun.
– Oui sauf que mon vrai prénom, c’est Elisa.
– Elisa… Eh bien tu vois, ça ne m’étonne pas. Dans Elisa, y a 5 lettres. Eh ben mes amis m’appellent tous Steph. 5 lettres aussi! Et tu sais ce que c’est, le 5? C’est l’ouverture d’esprit. C’est aussi la vie, le combat. C’est la liberté, la sensualité. C’est l’aventurier, homme ou femme, de toutes les aventures, physiques, affectives… Tout toi, Natacha!
– Elisa.
– Oui, tout toi, Elisa. Et le 9, c’est l’altruisme, le dépassement de soi, l’hyperémotivité. T’es émotive toi, non?
– Ça dépend.
– On est assis à la table 3, parce que le 3, c’est mon chiffre préféré. Sociabilité développée, sens aigu de la communication. Dingue, non?
– Ouais… Dingue!
– Tu te sens un peu fragile ces temps, non?
– Ben je viens de perdre mon boulot, alors…
– Normal, on est en avril. Pour les Japonais, le 4 est synonyme de mort. Donc changement. Non, tu sais, c’est bon signe tout ça.
– Tu crois?
– Attends, je crois pas, je sais. C’est les chiffres qui parlent, c’est pas moi.
– Et 85, ça te parle?
– 85 C?
– Non, 85 tout court.
– Je vois pas…
– C’est le nombre de minutes que je viens de passer à écouter tes débilités. Et 165, c’est l’addition que je vais te laisser payer, parce que les chiffres, c’est pas mon truc.

Brigitte Rosset, comédienne

07/04/2012

Parfois, il faudrait ne pas grandir

invit7.jpg– Heinn… Tu crois vraiment qu’un lapin, il peut entrer dans un grand magasin, et acheter des choses?
– Ben oui, s’il a de l’argent.
– T’as déjà vu un lapin faire des courses dans un grand magasin?
– Non, mais c’est parce qu’il vient quand les enfants sont pas là.
– Alors pourquoi maman elle a mis un sac avec des lapins et des œufs en chocolat dans le coffre?
– Ben, parce que c’est le lapin qui lui a donné.
– Tu crois encore que c’est un lapin qui cache les œufs?
– Ben oui.
– Ouais, pis alors, il les porte comment les œufs?
– Ben, il a un grand panier dans le dos. Comme le Père Noël.
– T’as déjà vu un lapin avec un panier sur le dos?
– Non, pas ici, mais dans les autres pays, ça existe.
– Alors le lapin, il prend l’avion avec son panier sur le dos pour venir cacher les œufs?
– Ben, peut-être qu’il a une poche devant, comme les kangourous.
– Et la souris alors, tu crois qu’elle les porte comment, les dents? Avec un panier sur le dos?
– La souris, elle a pas de panier. Elle est trop petite.
– Alors elle les prend dans ses petites pattes, peut-être?
– Ben non. La souris, elle les mange, les dents. Elle en fait de la bouillie, qu’elle garde dans ses joues, et après elle donne la bouillie à ses enfants. Comme les oiseaux.
– Mais tu gobes vraiment tout ce qu’on te raconte, toi!
– C’est pas parce que tu crois plus au Père Noël, que tu dois me raconter des carabistouilles!
– Pff… De toute façon t’es vraiment trop petite, tu comprends rien.
– Ben toi, t’es trop grande!

Brigitte Rosset, comédienne

31/03/2012

Un téléphone portable, ça créé des liens

brigitte_rosset.jpgElle. – Allô? Coucou mon amour, je te dérange?
Lui. – Heu… Non, pas du tout.
Elle.
– Tu fais quoi, mon amour?
Lui.
– Ben… Je bosse, tu vois, boulot, boulot.
Elle.
– Oh, je vois bien. Mon pauvre amour, tu travailles par ce beau temps.
Lui.
– Hé oui… Boulot, boulot.
Elle.
– Tu penses terminer à quelle heure ce soir?
Lui.
– Oh… Tard, très, tard. On a des gros dossiers à terminer.
Elle.
– Ouh là là, des gros, gros dossiers. Courage, mon amour!
Lui.
– Je vais faire le maximum, mais je pense pas rentrer avant… ouf, minuit.
Elle.
– Gros, gros, gros dossiers alors…
Lui.
– Ouh là là, oui. Excuse-moi, mais je dois te laisser, j’ai une réunion dans 5 minutes.
Elle.
– T’es au bureau?
Lui.
– Bien entendu, pourquoi?
Elle.
– J’entends des oiseaux.
Lui.
– C’est dans l’arbre en face. La fenêtre est ouverte.
Elle.
– Bruyants, ces oiseaux, hein?
Lui.
– Insupportables… Bon, mon amour, je suis désolé, mais je dois vraiment te laisser.
Elle.
– Oui, oui, excuse-moi. Comment elle s’appelle déjà, ta collègue qu’on a croisée l’autre jour?
Lui.
– Qui?
Elle.
– Ta collègue, celle que tu n’aimes pas du tout.
Lui.
– Ha… Isabelle. Pourquoi?
Elle.
– Tu peux dire à Isabelle que sa robe verte est moche.
Lui.
– Pardon?
Elle.
– Mais qu’elle est parfaitement assortie à la fiente qui vient d’atterrir sur ta tête.
Lui.
– Quoi??
Elle.
– Mon amour? Regarde de l’autre côté de la terrasse…
Lui.
– Hein?
Elle.
– Coucou mon amour, je suis là! Tu me vois? Oh… T’es aussi vert que la vilaine robe de ta collègue.

Brigitte Rosset, comédienne