24/03/2012

Les «règles» du dimanche soir…

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– Soph, tu fais quoi ce soir?
– Le dimanche soir, je me couche le plus tôt possible.
– Pourquoi?
– Parce que j’ai le monstre blues…
– Toi aussi? Dingue! Tu t’es déjà demandé d’où ça venait?
– Le dimanche, c’est la fin d’un truc et le renouveau d’un autre truc. Comme les règles. Je t’explique: les règles, c’est notre grand cycle de 28
jours et la semaine, c’est le petit cycle de sept jours. On a donc quatre petits cycles dans le grand cycle. C’est pour ça. Faut juste l’accepter. On peut rien y changer.
– Ha bon, tu crois?
– Je ne crois pas, je sais. C’est pas pareil.
– Ouais… Et donc les hommes, ils ont jamais le blues du dimanche soir alors?
– Si, y en a plein. Et, comme par hasard, c’est ceux qui ont une grande part féminine. T’as jamais remarqué?
– Non, jamais.
– Tu te souviens de Louis? Ben lui, c’était terrible. Baptiste, pareil, Jean-François, idem… Olivier, pfff… Alfred, Richard, Luc…
– En fait, tous tes mecs avaient le blues du dimanche soir.
– Tous! ET tous avaient une grande part féminine. Tu vois? C’est comme ça.
– Ben, peut-être aussi que c’est juste contagieux.
– C’est-à-dire?
– C’est comme la bonne humeur, c’est communicatif.
– Tu veux dire que c’est de MA faute si mes mecs avaient le blues le dimanche soir?
– Non, je me pose juste la question.
– Je te dis que c’est à cause de nos cycles, ça semble évident, non??!?!
Et quand t’as tes règles un dimanche soir, ça se passe comment alors?
– Je t’en pose des questions, moi???
–…

Hé ben, vivement la ménopause!

Brigitte Rosset, comédienne

17/03/2012

Est-ce qu’on vit une drôle d’époque?

invit17.jpg- Lui au moins, il n’est pas comme Luc. Il me comprend. Il ne fait pas semblant.
– C’est tellement important.
– Tu vois, quand je lui parle, il m’écoute.
– Ha ben ouais, ça change tout.
– Je me sens bien quand je le vois, et quand je le vois pas, il me manque. C’est terrible.
– Ça fait longtemps?
– Non. Juste deux mois. C’est fou.
– Vous vous voyez souvent?
– Trois fois par semaine. J’aimerais bien plus, mais tu vois, c’est difficile au début.
– Je comprends.
– Je perds la notion du temps quand on est ensemble.
– Ha ben…
– Et avec lui, c’est différent, c’est… Une découverte…
– Carrément?
– Oui, je pensais pas que c’était possible. Tu sais, j’y croyais pas du tout avant.
– Je sais, je sais.
– Mais ça marche! Je me sens tellement mieux.
– C’est formidable.
– Je me sens plus seule et abandonnée.
– Je suis ravie pour toi.
– Je sais pas combien de temps ça va durer, et je peux pas imaginer la fin.
– Mais ne pense pas à ça. Il faut prendre ce qu’il y a à prendre, là, maintenant.
– Je sais.
– Il est beau?
– C’est pas important, vraiment.
– Ha bon?
– Non. Je le regarde assez peu en fait. Il est surtout extrêmement cultivé. Il s’intéresse à tout. Il a toujours un petit mot gentil, un encouragement.
– T’as de la chance.
– Mais oui, je sais. Fallait juste tomber sur le bon, y en a tellement.
– Ha ça… – Bon, ça me coûte une fortune, mais ça en vaut vraiment la peine.
– Tu le paies???
– Ben oui, c’est normal, enfin…
– Mais tu me parles de qui là?
– Ben de mon psy!
–…

J’ai hésité entre rire ou… pas rire du tout.

Brigitte Rosset, comédienne

10/03/2012

Le train, c’est drôle aussi

ROSSET_1.jpg– Dans ma cuisine, quand je prépare mon dîner, hop, je vois les traces sur mon meuble en acajou. Ça me met dans un état…
– Ha…
– Et les viiitres. Avec ce soleil, ça ne pardonne pas. Y en a seize chez moi. Ça me prend un temps. Mais si je vois ces traces, je m’angoisse. Mon mari me dit: «Mais sors un peu par ce beau temps!» Il est drôle, lui, quand j’ai terminé toutes les vitres, il fait nuit.
– Ben…
– Je suis pas maniaque mais bon, tant que tout est pas propre, j’arrive rien à faire. Et j’arrive à la fin de la journée, et j’ai rien fait d’autre.
– Ho la…
– Et quand j’ai terminé chez moi, je dois aller chez mon fils. Ma belle-fille, elle nettoie rien du tout. Mais si tu voyais les traces sur les meubles! C’est bien simple, au dernier dîner chez eux, j’ai pas réussi à manger. Obnubilée par ces traces. Alors là, j’y vais trois fois par semaine. Ma belle-fille, elle était pas d’accord. Je lui ai pas laissé le choix. J’ai dit: «C’est comme ça, sinon je viens plus manger chez vous.»
–…
– Tu sais, les gens chez qui c’est pas propre, c’est qu’ils sont pas propres à l’intérieur. Tu vois ce que je veux dire…
– Ben…
– Mais j’ai un truc, je mets du tango. Ça me motive. Tango à fond, j’adore. Alors avec l’aspirateur, je dois mettre très, très fort.
Je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire, imaginant cette femme danser le tango chez elle avec son aspirateur. Je crois qu’elle a compris que je l’écoutais. Elle a arrêté de parler à sa voisine. Quel dommage!

Brigitte Rosset, comédienne