03/12/2011

Je vais arrêter, un jour

ROSSET_1.jpg– Les filles, aujourd’hui j’arrête de fumer.
– Bravo. Moi j’ai vraiment pas le courage. C’est pas le bon moment pour moi.
– Ben moi j’ai arrêté y’a trois mois. Je me sens tellement mieux.
– Génial! Et ça te manque pas?
– Si, à mort, j’y pense tout le temps. Mais je me sens tellement mieux.
– T’as pas grossi?
– Si, j’ai pris six kilos, mais c’est pas grave, je me sens tellement mieux.
– Moi, la dernière fois, j’en ai pris huit. Jamais perdu.
– Ha?
– Moi vingt-huit, mais j’étais enceinte, ça se voyait moins.
– Ça vous dérange si j’en fume une, là?
– Non, pas de soucis.
– Moi ça me dérange. Désolée mais oui, ça me dérange, vraiment.
– Ben je fume pas alors.
– Non, tu fumes pas alors… Excuse-moi, je suis un peu sur les nerfs.
– Pas de soucis, je comprends.
– T’as essayé les patchs?
– Oui, mais ça me faisait des plaques rouges sur le bras. J’ai arrêté.
– Et le moral, ça va?
– Je déprime un peu. J’ai surtout des gros coups de blues. Et je sors plus le soir. J’ai trop peur de craquer. Mais c’est rien. Je me sens tellement mieux.
– Donc demain soir, tu viens pas alors?
– Non je viens pas. Je sors plus je te dis.
– Et ton copain, il a arrêté aussi?
– Non, il a pas voulu. Je supportais plus d’embrasser un cendrier. On s’est engueulé. Et là, ben on fait une pause… C’est comme ça.
– Ha ok, je savais pas. Désolée, mais ça va?
– Oui, je vous l’ai dit, je me sens tellement mieux. (…) Et ça coûte très cher les clopes. Alors avec tout ce que j’ai économisé, je peux m’offrir un joli cadeau.
– Heu… Un psy?

Brigitte Rosset, comédienne

27/11/2011

Pas toujours un cadeau, Noël

ROSSET_1.jpgEt pour les cadeaux, on fait comment?

– Ben, on fait comme chaque année: on tire au sort à l’avance, chacun un cadeau à une personne.
– Oui, mais bon, moi, je tombe toujours sur Stéphane.
– Ben, tu peux échanger avec quelqu’un.
– Ah non, sinon tout le monde voudra échanger, et ce sera plus un tirage au sort!
– On pourrait pas plutôt choisir à qui on a envie de faire un cadeau?
– Ben non, c’est injuste. Si personne me choisit?
– Pourquoi personne te choisirait?
– Je sais pas, un pressentiment…
– Et si on se faisait pas de cadeau cette année?
– On a déjà essayé une fois. Tout le monde en a quand même apporté, sauf moi, et j’ai passé pour une radine; alors que j’avais juste fait ce qu’on avait dit.
– Moi, je suis contre. Sans cadeaux, c’est pas Noël!
– Bon, alors on tire au sort comme chaque année?
– OK, mais j’espère juste que je vais pas tomber sur ton nouveau copain, je le connais pas, comment je vais trouver le bon cadeau?
– Tu fais comme y a deux ans, avec mon ex. Tu lui offres ton bouquin sur le couple.
– Et pour les enfants, on fait comment?
– Alors, je vous le dis tout de suite, cette année, je n’offre que des livres. Ils sont tellement gâtés.
– Ils ne sont pas gâtés. Et si tu veux acheter des livres, c’est ton choix. Ça fera pas plaisir, mais c’est ton choix.
– Chacun fait comme il veut avec ses enfants, non? Chez mes beaux-parents, on fait comme ça, ça marche très bien.
– Chez tes beaux-parents patati et patata, nia nia nia.

Faites-moi un cadeau, on parle plus de Noël!

Brigitte Rosset, comédienne

19/11/2011

Dodo, l’enfant do…

ROSSET_1.jpgC’est inhumain d’arracher un enfant à son sommeil pour l’emmener à l’école en novembre!

On a fait tellement d’efforts pendant ses trois premières années pour qu’il dorme: on en a usé des stratagèmes pour qu’il ferme ses petits yeux, chanté des berceuses, fait des tours en voiture pour l’endormir, avalé des kilomètres avec bébé dans les bras, des promenades en poussette…

On a transformé sa chambre en forteresse du sommeil, accroché un «chut bébé dort» sur la porte, enlevé les piles de la sonnette de l’entrée. On a même acheté une machine à laver silencieuse!

Et quand petit trésor arrive à l’âge où, enfin, il a compris que c’est sympa de dormir le matin, que maman est de meilleure humeur quand elle a ses huit heures de sommeil: on l’arrache à son lit douillet, pour l’envoyer faire de la pâte à modeler!!!

Maman prend sa voix toute douce, la même qui lui disait «dort mon bébé, dort, tout va bien maman est là, tout va bien»; lui chuchote dorénavant dans les oreilles: «Il faut se réveiller, c’est l’heure, ouvre tes petits yeux mon chouchou.»

– Mais maman, il fait nuit!

– Oui il fait nuit, mais c’est l’heure d’aller à l’école.

– Mais maman, le soleil, lui, il dort encore!!

Et quand il deviendra adolescent, on l’engueulera parce qu’il émerge à midi en se grattant le nombril. Allez comprendre la logique des adultes…

«L’enfance est le sommeil de la raison», disait Rousseau. Ben moi, je dis: «On n’a pas raison avec le sommeil de nos enfants!»

Brigitte Rosset, comédienne