17.04.2012 08:19 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Et si l'habit faisait le moine?

antoinette_de_weck.jpgPersonne n’oserait affirmer qu’il suffit d’enfiler une blouse de médecin ou une salopette de garagiste pour acquérir la capacité de soigner un patient ou réparer un moteur. Ces dernières décennies ont même vu la mise au placard des uniformes, képis, voiles, soutanes, soit tout ce qui fait état de la fonction au lieu de la personne. Chaque être humain doit être apprécié pour sa valeur intrinsèque, donc originale et unique.
Si cette approche part de bons sentiments, elle rend peu service aux plus faibles, aux moins éduqués qui ne soupçonnent pas combien leur apparence sera prise en compte dans le jugement qui sera porté sur eux. Des études ont démontré qu’une femme qui est habillée de façon masculine pour une interview d’embauche a plus de chances de se faire engager! Cette affirmation pourrait paraître machiste, rétrograde, pleine de préjugés, donc à combattre vigoureusement. Néanmoins, une nouvelle étude arrive à la conclusion que l’uniforme a aussi une influence sur la personne qui le porte. Selon cette étude, celui qui enfile une blouse de docteur améliorerait fortement son degré d’attention. Nous ne penserions donc pas seulement avec notre esprit, mais aussi avec notre corps et l’habit qu’il porte y contribuerait!
Nos ancêtres connaissaient les effets de l’habit jusqu’à l’imposer à tous les corps de métier et les couches de la société. Sans aller aussi loin, pourquoi ne pas revaloriser l’uniforme s’il nous aide à mieux tenir notre rôle dans la société?

Antoinette de Weck, conseillère communale de la Ville de Fribourg


14.04.2012 09:52 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Quand on aime, on ne compte pas

brigitte_rosset.jpgEt tu vois Natacha, dans ton prénom, y a 7 lettres. Et dans le mien, Stéphane, 7 lettres aussi. T’es née un 18. 1 + 8 = 9. Je suis né un 27. 2 + 7 = 9 aussi. C’est complètement fou. On a quand même le 7 «et» le 9 en commun.
– Oui sauf que mon vrai prénom, c’est Elisa.
– Elisa… Eh bien tu vois, ça ne m’étonne pas. Dans Elisa, y a 5 lettres. Eh ben mes amis m’appellent tous Steph. 5 lettres aussi! Et tu sais ce que c’est, le 5? C’est l’ouverture d’esprit. C’est aussi la vie, le combat. C’est la liberté, la sensualité. C’est l’aventurier, homme ou femme, de toutes les aventures, physiques, affectives… Tout toi, Natacha!
– Elisa.
– Oui, tout toi, Elisa. Et le 9, c’est l’altruisme, le dépassement de soi, l’hyperémotivité. T’es émotive toi, non?
– Ça dépend.
– On est assis à la table 3, parce que le 3, c’est mon chiffre préféré. Sociabilité développée, sens aigu de la communication. Dingue, non?
– Ouais… Dingue!
– Tu te sens un peu fragile ces temps, non?
– Ben je viens de perdre mon boulot, alors…
– Normal, on est en avril. Pour les Japonais, le 4 est synonyme de mort. Donc changement. Non, tu sais, c’est bon signe tout ça.
– Tu crois?
– Attends, je crois pas, je sais. C’est les chiffres qui parlent, c’est pas moi.
– Et 85, ça te parle?
– 85 C?
– Non, 85 tout court.
– Je vois pas…
– C’est le nombre de minutes que je viens de passer à écouter tes débilités. Et 165, c’est l’addition que je vais te laisser payer, parce que les chiffres, c’est pas mon truc.

Brigitte Rosset, comédienne

13.04.2012 07:54 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Briser les chaînes

BENDAHAN_9.jpgUne initiative demandant l’instauration d’un revenu de base a été lancée cette semaine. Le principe est simple: chacun reçoit un montant, chaque mois, qui qu’il soit, quelle que soit sa situation. Cette proposition fait couler beaucoup d’encre et les prises de positions semblent dépasser le simple clivage gauche-droite. Pourquoi? C’est simple, ce revenu universel peut avoir des effets économiques et sociaux extrêmement différents selon comment il est mis en place, et l’initiative est muette à ce sujet. Elle pourra donc trouver des partisans de gauche comme de droite, selon l’interprétation qu’ils en font.
Elle soulève toutefois beaucoup de questions intéressantes. Par exemple, il existe un certain nombre de tâches qui sont difficiles, dangereuses, répétitives. Il se trouve aujourd’hui que ces tâches sont souvent mal rétribuées. Si chacun avait un droit à un salaire suffisant même sans travailler, ces tâches ingrates seraient peu populaires…
Dans ce cas, la société deviendrait forcée d’assumer collectivement la pénibilité du travail. Elle aurait plusieurs choix: elle pourrait payer nettement mieux les travailleurs, investir davantage pour rendre ces tâches moins pénibles ou dangereuses, ou encore même astreindre toute la population à faire les tâches pénibles mais nécessaires, à la manière d’un service civil.
Beaucoup de gens aiment leur travail, et c’est ce qui les motive à le faire. Mais d’autres travaillent parce qu’ils n’ont pas le choix. C’est intéressant de voir comme cela peut nous faire peur d’entendre une proposition qui vise à leur donner le choix de la vie qu’ils aimeraient mener.

Samuel Bendahan, économiste