24/12/2011

Moi, j'y crois plus

ROSSET_1.jpgEn novembre, à l’arrivée des catalogues de Noël des grands magasins dans les boîtes aux lettres, j’ai dit à mes filles: «Regardez, choisissez. Si vous aimez beaucoup vous mettez deux croix, et si vous aimez juste un peu, une croix.» C’était bien. Ça les a occupées tout un après-midi pluvieux.
Et puis il a fallu envoyer la liste au Père Noël. J’ai hésité, là, à lâcher le morceau. J’ai rien dit.
Cette nuit, j’ai déposé un cadeau pour chacune (oui, cette année c’est le 24 au matin).
Quand elles se sont précipitées sous le sapin, ben y’avait pas les 36 paquets commandés au Père Noël.
En voyant leur déception, j’ai craqué: «Il faut que je vous avoue, le Père Noël n’existe pas. Il amène pas les cadeaux sur son traîneau. C’est les parents qui triment pour acheter vos jouets. C’est un gros mensonge, ce Père Noël. Et vous savez pourquoi il est rouge? C’est pour faire de la pub à Coca-Cola. Le vrai, il s’appelle saint Nicolas, il est blanc, il a pas de traîneau, juste un âne, et il amène des mandarines et des cacahuètes début décembre.»
La petite: «C’est parce qu’il a moins de sous qu’il amène que des cacahuètes?»
La grande: «Non c’est parce que lui, il a pas de lutins pour fabriquer les cadeaux.»
La petite: «Cette année, il avait trop de travail, le Père Noël.»
La grande: «Ouais pis nous, on a assez de cadeaux en fait.»
«Mais les puces, puisque je vous dis qu’il existe pas!»
Je sors du salon et j’entends: «Pauvre maman, elle croit plus au Père Noël.»

Brigitte Rosset, comédienne

03/12/2011

Je vais arrêter, un jour

ROSSET_1.jpg– Les filles, aujourd’hui j’arrête de fumer.
– Bravo. Moi j’ai vraiment pas le courage. C’est pas le bon moment pour moi.
– Ben moi j’ai arrêté y’a trois mois. Je me sens tellement mieux.
– Génial! Et ça te manque pas?
– Si, à mort, j’y pense tout le temps. Mais je me sens tellement mieux.
– T’as pas grossi?
– Si, j’ai pris six kilos, mais c’est pas grave, je me sens tellement mieux.
– Moi, la dernière fois, j’en ai pris huit. Jamais perdu.
– Ha?
– Moi vingt-huit, mais j’étais enceinte, ça se voyait moins.
– Ça vous dérange si j’en fume une, là?
– Non, pas de soucis.
– Moi ça me dérange. Désolée mais oui, ça me dérange, vraiment.
– Ben je fume pas alors.
– Non, tu fumes pas alors… Excuse-moi, je suis un peu sur les nerfs.
– Pas de soucis, je comprends.
– T’as essayé les patchs?
– Oui, mais ça me faisait des plaques rouges sur le bras. J’ai arrêté.
– Et le moral, ça va?
– Je déprime un peu. J’ai surtout des gros coups de blues. Et je sors plus le soir. J’ai trop peur de craquer. Mais c’est rien. Je me sens tellement mieux.
– Donc demain soir, tu viens pas alors?
– Non je viens pas. Je sors plus je te dis.
– Et ton copain, il a arrêté aussi?
– Non, il a pas voulu. Je supportais plus d’embrasser un cendrier. On s’est engueulé. Et là, ben on fait une pause… C’est comme ça.
– Ha ok, je savais pas. Désolée, mais ça va?
– Oui, je vous l’ai dit, je me sens tellement mieux. (…) Et ça coûte très cher les clopes. Alors avec tout ce que j’ai économisé, je peux m’offrir un joli cadeau.
– Heu… Un psy?

Brigitte Rosset, comédienne

05/11/2011

Ainsi va la vie

ROSSET_1.jpgPaul, il descend tout seul l’escalier et y a un petit bus qui vient le chercher pour l’amener au Pivert.
Thomas, lui, il descend avec sa maman ou son papa, et ils partent à pied aux Tournesols.
En arrivant, Paul retrouve ses copains et ses copines, et fait un peu de lecture avec les animatrices.
Thomas, lui, il aime pas les livres, il préfère peindre ou jouer aux Lego.
A midi, Paul et Thomas ne rentrent pas manger à la maison. Ils restent avec leurs copains.
On leur prépare des repas équilibrés.
Eux, ils mangent tout seuls. Y en a qui arrivent pas.
S’ils se salissent un peu, c’est pas grave.
Ils sont obligés de faire une sieste après le repas. Aucun des deux n’aime ça.
Mais, s’ils restent tranquilles dans leurs lits, ça va aussi.
Thomas a toujours son doudou, Paul n’en a plus depuis longtemps.
L’après-midi, Paul part en promenade au parc ou au bord du lac. Thomas aussi.
Ils ne vont jamais très loin parce que ça prend déjà beaucoup de temps d’habiller tout le monde, et ils ne marchent pas tous au même rythme. Les animatrices les aident et, pour ceux qui sont trop fatigués, y a toujours les poussettes.
Parfois, ils font de grandes sorties, pour aller au musée ou pour voir un spectacle.
Pour Paul et pour Thomas, vers 15 h y a le goûter. Paul aime les biscuits secs, trempés dans le thé. Thomas, les croissants dans le chocolat.
Vers 17 h, le papa ou la maman ou la nounou de Thomas vient le chercher.
Paul, lui, rentre tout seul, avec le petit bus.
Thomas a 2 ans.
Paul a 92 ans.

Brigitte Rosset, comédienne